Israël, le pays ou les réfugiés sont des infiltrés. Les migrants ont le choix : la valise ou la prison.

Israel Refugies

Israël, le pays ou les réfugiés sont des infiltrés. Les migrants ont le choix : la valise ou la prison.

4 janvier 2018 

 

Jean Bonnevey ♦
Journaliste.

Israël a un traitement médiatique à part. Très hostile parfois, mais souvent très complaisant.

Voilà un pays où les extrêmes religieux ou nationalistes sont représentés ou participent au pouvoir. Et pourtant pas de déchaînement des vigilants démocrates du type autrichien.
Voilà maintenant un pays où le migrant, c’est à dire l’immigré clandestin n’a pas sa place. On entend peu les pleureuses migratoires françaises professionnelle dénoncer cette attitude peu humaine.

Comme les mots ont un sens, les réfugiés politiques ou économiques sont qualifié dans l’état hébreu d’ «infiltrés ». Les clandestins demandent le statut de réfugié politique en raison des persécutions et des conflits dans leur pays. Mais les autorités israéliennes les qualifient “d’infiltrés” et les considèrent comme des migrants économiques dont le nombre menace le caractère juif de l’État hébreu.

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahu est bien décidé à ne pas laisser les 38 000 migrants (chiffres du ministère de l’Intérieur) majoritairement originaires d’Érythrée et du Soudan, que les autorités considèrent être des “demandeurs d’asile fictifs”, s’installer en Israël.

Selon le Guardian, ces milliers de personnes ont trois mois pour choisir entre la détention d’une durée illimitée et l’expulsion “volontaire” – qui n’est pas aussi volontaire que le disent les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité publique puisque la deuxième option les conduit en prison- , notent les associations de défense des droits de l’homme.

Comme le rapporte Le Figaro, un accord a d’ores et déjà été conclu avec le Rwanda, qui se dit prêt à recevoir jusqu’à 10 000 personnes. Pour chaque migrant accueilli, Kigali devrait toucher 5000 dollars. Chaque personne qui accepte de plier bagages devrait recevoir 3500 dollars et un billet d’avion. Et pour ceux qui ne cèdent pas à la proposition: les barreaux, “et non plus dans un centre de rétention avec un régime de semi-liberté”, précise le quotidien.

Autre mesure pour les inciter à partir: “les autorités imposent à ceux qui ont un emploi, une retenue de 20% de leur salaire qui ne leur est remboursée qu’au moment de leur départ. Il s’agit de les dégoûter de la Terre sainte”, dénoncent les ONG israéliennes de défense des migrants.

Dans un communiqué, le HCR rappelle l’obligation légale d’Israël en matière de protection des réfugiés. Pourtant, depuis 2009, seuls huit Érythréens et deux Soudanais ont obtenu l’asile de la part de l’État Hébreu.

Reste que l’alternative à la prison reste une option peu sûre pour les exilés. Comme le rappellent les médias et les ONG israéliennes, les “expulsés volontaires” qui choisissent le Rwanda se retrouveront dans une situation d’extrême précarité, sans statut juridique, à la merci des autorités locales, exposés à la traite, la torture, les enlèvements, les viols et les menaces.

Heureux comme un extrémiste en Israël et heureux comme un migrant en France.

 

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